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Type architectural :
 
Période de construction :
 
Description / historique :

Entre les années 1845 et 1855, Sainte-Martine connaîtra, grâce aux efforts de Marc-Antoine Primeau, le privilège de devenir le chef-lieu du comté et un endroit commercial prospère.

Si on retrouve à Sainte-Martine un grand nombre de marchands, c'est que les affaires devaient être prospères. II faut dire que durant cette période le commerce de la potasse était florissant.

Le bois de sciage que l'on coupe le long de la rivière Châteauguay et les plançons (billes de bois grossièrement équarries) sont acheminées vers le bas des rapides. Ensuite, ils sont mis en cages et expédiés vers Montréal pour y être chargés sur les bateaux en direction de l'Angleterre ce qui aide grandement le commerce.

Le Beach Ridge (La côte du hêtre) était aussi exploité pour son bois très en demande en Angleterre pour la fabrication des manches de faux, des rames de bateaux, etc.

Afin de maintenir ce degré de prospérité à Sainte- Martine, Marc-Antoíne Primeau propose au Conseil municipal du comté de Châteauguay de faire construire, à titre gratuit, un palais de Justice. Le Conseil municipal devra consentir à en faire le siège de la Cour de circuit, de la Cour sommaire et d'y tenir les sessions du Conseil.

Cette bâtisse à deux niveaux mesure 82 pieds de longueur sur 50 pieds de profondeur et comprend deux ailes, une pour le greffier et l'autre pour le registraire du Bureau d'enregistrement du comté de Châteauguay.

L'extérieur est lambrissé de planches imitant la pierre naturelle, recouvert d'un crépi mélangé à du sable. On peut voir encore aujourd'hui ce type de construction, avec toit à six lucarnes, dans la région de Québec. Avec son vestibule et ses colonnes, cette bâtisse devait avoir fière allure. À l'intéreur les murs sont lattés et crépis, certains murs, tels ceux de la salle d'audience et de la chambre des juges sont tapissés à la mode française c'est-à-dire recouverts de tissus de toile de colon et de soie. Toutes les boiseries sont peintes pour imiter le bois de chêne. Il y a aussi à l'intérieur, la chambre des avocats, le box des accusés et des témoins. Cette constructon était érigée sur le terrain voisin du site actuel de la maison Saint-Joseph. Dans ce nouvel édifice seront installés la Cour de circuit et la Cour primaire, de même que le Bureau d'enregistrement.

Les années passent, l'immeuble construit par Marc Antoine Primeau a pris de l'âge. Les officiers de justice, juges, avocats, huissiers, syndics et le registrateur se plaignent de l'état vétuste du vieil immeuble. Il est difficile à chauffer l'hiver et l'été on y étouffe. Les voûtes ne sont plus étanches et les documents qui y sont conservés souffrent de l'humidité et risquent d'être endommagés. Déjà en 1869, on y avait effectué d'importants travaux de rénovation.

En 1887, le Conseil Municipal du Comté de Châteauguay représenté par son préfet Antoine Hébert et son secrétaire William Creug, se portent acquéreur par échange d'un terrain partie du lot 240, propriété de William Marchand.

Ils font un marché avec Narcisse Taillefer, maître menuisier et entrepreneur de Sainte-Martine, pour la construction de la maison d'audience, pour loger le personel de la justice et de l'administration du comté. Elle sera construite suivant les plans et devis de Perrault et Morand, architectes de Montréal. Le coût du contrat sera de 15 000 $. Le seul extra sera pour l'entrepreneur de faire et poser à chaque fenêtre des jalousies et de les peinturer en vert, et ce, à la demande des occupants, qui prétendent que l'immeube sera plus frais l'été.

Au fil des ans, les Cours de justice seront transportées à Salaberry-de-Valleyfield, ne laissant à Sainte-Martine que le Bureau d'enregistrement du comté de Châteauguay.

Plus tard, le Conseil municipal de Sainte-Martine y aménagera ses bureaux. Après, ce fut la création du service de pompiers volontaires en 1926. On y construira une tour de séchage pour les boyaux d'incendie.

En 1933, l'Unité sanitaire des comtés de Châteauguay, de Napierville et de Laprairie y aura son siège social et occupera une partie du bâtiment. Cette unité, sous la direction du docteur J.A. Patenaude, rendra d'immenses services à la population de la région.

En 1994, grâce à une substantielle subvention, le Conseil municipal de Sainte-Martine se portera acquéreur de l'édifice et y effectuera des rénovations majeures. Aujourd'hui le rez-de-chaussé est occupé par le Bureau de la publicité des droits, circonscription foncière de Châteauguay. À l'étage, on y a installé la bibliothèque municipale. En juillet 1995, on assistait à la bénédiction officielle du Musée du Patrimoine de Sainte-Martine. Il est à souhaiter que ce musée devienne un lieu d'attraction très populaire dans la région.


© 2003 La Société du patrimoine de Sainte-Martine inc.